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Roch blackboulé

L'Équipe

ESCRIME


MARC VENTOUILLAC

Roch blackboulé

Le Français a été battu hier par le Russe Ousmanov pour la présidence de la Fédération internationale.

AU LENDEMAIN DE L’ÉCHEC de la candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques 2012, une des nombreuses causes analysées fut le manque de représentants français à la direction des instances internationales. À l’époque (*), seul René Roch présidait aux destinées d’une Fédération olympique, celle d’escrime. Depuis hier, ce n’est plus le cas.

À la surprise générale, à commencer par la sienne, le « Roi René » a en effet a été battu alors qu’il tentait de décrocher à Paris un cinquième mandat à la tête de la Fédération internationale. Lui qui avait entamé sa carrière au sein de la FIE en 1984 comme secrétaire trésorier, aux côtés de Roland Boitelle, quitte donc une fonction qu’il occupait depuis 1992. Son successeur s’appelle Alisher Ousmanov, un oligarque russe qui s’était incliné voici quatre ans dans son premier défi lancé à René Roch.

Ce dernier abordait la compétition avec confiance. L’an passé, il avait ainsi facilement contourné devant le congrès des votes téléguidés par son adversaire, qui souhaitait limiter l’âge du président ou le nombre de mandats consécutifs. Malgré ses soixante-dix-neuf ans, il partait grandissime favori. « D’après ce que me promettaient mes interlocuteurs, j’aurai dû gagner avec 25 voix d’avance », lâcha René Roch après sa défaite, finalement survenue par 66 voix contre 61. « Quand on distribue beaucoup d’argent, on ne sait jamais ce qui peut arriver », commenta le battu dans une ultime pique à son rival, auquel il a cependant accepté d’apporter son aide, du moins dans un premier temps.

Il faut dire que roubles et dollars ne manquent pas à ce citoyen russe né en Ouzbékistan voici cinquante-cinq ans. Le magazine Forbes évalue ainsi sa fortune à 3,9 milliards d’euros. Et l’aide apportée par sa fondation « pour l’avenir de l’escrime » à plus de la moitié des fédérations nationales a sans doute dû lui valoir un renvoi d’ascenseur.

Ousmanov

et sa danseuse

La question se pose de savoir ce qu’Ousmanov va désormais apporter à l’escrime. Son programme était ficelé de telle sorte qu’il ne pouvait déplaire à personne : apporter plus de moyens à la FIE et aux fédérations nationales ; développer l’escrime au plan mondial ; moderniser ce sport ; permettre à toutes les armes d’être représentées au programme olympique… Rien que des bonnes intentions qu’il faudra désormais mettre en pratique. Et pour lesquelles il devra trouver du temps. Car Alisher Ousmanov possède un CV qui occuperait à lui seul trois tomes de l’Encyclopédie universalis. Pour faire bref, on retiendra qu’il est directeur général de Gazprom, copropriétaire d’un holding de la métallurgie aux multiples ramifications et de deux chaînes de télévision et qu’il possède 24 % des actions du club de foot d’Arsenal. L’escrime a tout pour lui d’une danseuse, dont il a pris les commandes, en accédant d’abord à la présidence de la Fédération russe, puis à celle de la confédération européenne. « Une fois qu’il a été élu à ce poste, il a laissé son comité exécutif fonctionner. Peut-être va-t-il faire la même chose à la FIE ? » s’interroge le Français Frédéric Pietruszka, élu pour sa part hier membre du comité exécutif. « Dans toutes les activités qui m’occupent, j’ai agi en faisant confiance à mon comité exécutif, il n’y a pas de raison que cela change, mais j’assumerai pleinement mes nouvelles fonctions pour faire de l’escrime un grand sport du XXI siècle », répond le nouveau président qui estime « ne pas avoir été étonné » par son élection.

Sa priorité n 1 sera de faire en sorte que l’escrime décerne douze médailles (contre dix actuellement) aux Jeux Olympiques. « Pour cela, dit-il, il faut rendre l’escrime plus intéressante, plus attractive. » Cela passe-t-il par des changements de règles ? « Je ne suis pas pour la révolution, mais pour l’évolution, continue M. Ousmanov. Aussi, nous devons bouger. » La tâche qui attend Alisher Ousmanov s’annonce délicate. On verra dans quatre ans s’il a bien su la négocier.

(*) Aujourd’hui, parmi les grandes fédérations, Bernard Lapasset est président de l’International Rugby Board (qui n’est pas sport olympique) alors que, à l’échelle du Vieux Continent, Michel Platini est le numéro 1 de l’UEFA.

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