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Alexandre Romankov

On connaît Alexandre Romankov les plus jeunes escrimeurs comme les vétérans du sport. Il est connu en Russie, en France, et bien sûr en Belorussie, où il est né, travail et vit. Ses mérites dans le sport font  une page au livre des records Ginnesse et un rêve pour chaque escrimeur. C’est seulement en septembre 2007 que Stanislav Pozdnyakov a pu répéter le record de Romankov, ayant  gagné pour la cinquième fois le championnat du monde individuel.
Notre conversation avec Alexandre avait lieu peu avant cet événement dans le centre sportif de Saint-Petersbourg, où se déroulaient les championnats du monde. Stanislav Pozdnyakov a dû tirer pour la finale contre Aldo Montano Italien. Alexandre Romankov attendait ce combat avec impatience:

- Je souhaite sincèrement la victoire à Stanislav Pozdnyakov, je respecte beaucoup ce sabreur doué, mais je serai supporter de Montano (il sourit). Si Stanislav gagne, il m’égalera en nombre de gains de championnats du monde. Il me plaisait d’être un recordman unique (il rit).
- Depuis que vous avez fini votre carrière sportive, l'escrime a beaucoup changé. Est-ce que l'escrime au fleuret actuelle vous plait ?
- Elle ne me plaît pas du tout. Elle est devenue trop primitive. Récemment encore l'escrime au fleuret ressemblait à l'escrime au sabre, les fleurettistes appliquaient les touches cinglantes. Maintenant les règles ont changé et l'appareil n’enregistre pas les touches portées de cette manière. Les adversaires tirent les 9 minutes du combat, mais aujourd'hui personne n’est prêt pour cela. Il est nécessaire de changer la technique du fleurettiste et pour ça il fait avoir le temps. Ce n'est pas possible de le faire tout d’un coup, mais nous avons le temps et tout doucement nous reviendrons à l'escrime technique. Je voudrais que l'escrime au fleuret devienne technique, différente et belle. Je cite toujours comme exemple l'escrime que j'ai vue. A cette époque on estimait que la beauté de l'assaut est plus importante que le résultat du combat. Je me souviens bien des supporters pendant les compétitions en France. Les spectateurs ont applaudi non un sportif concret, mais une attaque magnifique, une belle touche, et celui  qui l'a exécuté n’était pas important, que ce soit un Russe ou bien un Français.
- Est-ce que vous êtes d'accord avec l'opinion que autrefois l'escrime était plus louable?
- Oui, bien sûr. Au fond l'assaut se formait sur l'honnêteté. Si l'arbitre s'est trompé à ton avantage,  tu devais le dire et rendre la touche à ton adversaire. Tout le monde fait comme ça, parce que gagner honnêtement est plus agréable.
- Quelles sont vos idées concernant l'arbitrage moderne?
- A mon avis, il nous manque des arbitres de haute qualification. La FIE est obligée d'engager des arbitres de pays où il n'y a pas de tradition d'escrime et pour eux c'est difficile de comprendre le fond de l'assaut. Un tel arbitre doute toujours et recourt à la vidéo-arbitrage. Sans cette «boîte» il ne peut pas prendre  de décision. Je pense que l'arbitre doit présenter sa qualification et sa compréhension correcte de l'assaut et recourir à la vidéo seulement dans des situations à débattre.
- Comme on le sait, actuellement vous êtes non seulement Maître d'armes national mais le Président  de la Fédération d'escrime de Belarussie. Ce travail est-il difficile pour vous ou bien la fonction est-elle agréable?
- Je vous dirais que cette fonction est très honorable et comme partout elle est non rémunérée. Bien qu’il y ait beaucoup de problèmes. Je m’inquiète car nos meilleurs Maître d’armes  partent travailler à l'étranger. Chez-nous ils gagnent pas beaucoup et pour aujourd'hui je ne peux rien changer. Malgré cela j’espère bien que la situation changera bientôt. Quand nous aurons le salaire comme à l'étranger, les gens ne voudront plus quitter leur pays.
-Est-ce que vous n'avez pas la tentation de partir aussi?
- J'ai déjà essayé de travailler en Australie et en Amérique, mais pour l'instant je me plais chez-moi. Ici se trouvent les tombes de mes parents, ici j'ai beaucoup d'amis et c'est ma vie, mais pas ailleurs. Moi, par exemple, il me plaît de ramasser des champignons, mais tels que chez-nous il n’en  pousse nulle part! Les bouleaux ici - ont mon âge, et ils ont pour moi plus de valeur que des baobabs. Mes amis peuvent venir chez-moi à n'importe quel moment, mais à Melbourn si tu veux rendre visite à quelqu'un, tu dois le prévenir une semaine avant!
- Que est le plus difficile dans le métier de Maître d'armes? Vous savez comment élever «la vedette»?
- Il faut beaucoup, beaucoup travailler  et alors «la vedette» va briller sans faute. J'ai trois livres d'escrime préférés. L'un a pour sujet la psychologie de l'escrime et deux manuels – d'Arkadyev et de Tyshler. Depuis des années je ne quitte jamais ses livres. Vous savez, c'est étonnant : on enseigne aux enfants de la même manière, on leur montre les mêmes positions , mais chacun tirent à sa manière.
- Comment rendre l'escrime plus populaire?
- Il faut parler plus sur le thème de l'escrime, montrer comme notre sport est intéressant et quelles modalités le forme...
-Et  quelles modalités?
- L'escrime forme la coordination, de la force physique, de l'adresse, de la maîtrise, d'être persévérant, le goût de l'effort et, comme je voudrais le croire, de l'honnêteté.
 
 
Ekaterina Pakueva et Svetlana Tikhomirova
ont causé avec Alexandre Romankov
 

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