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Sergei Golubitsky

Discussion avec Sergei Golubitsky au sujet de l’escrime au fleuret
 
 
Sergei Golubitsky fleurettiste d’Ukraine pourrait être aujourd’hui le leader de l’escrime mondiale. Il a quitté les pistes d’escrime au moment où il était le meilleur dans le monde.
 
Notre renseignement: Sergei Golubitsky. Ukrainien. Né le 20 décembre 1969. Champion du monde 1997, 1998, 1999 en individuel. Champion du monde 1989 par équipes, comme membre de l’équipe de l’URSS. Médaille d’argent individuel  aux J.O. 1992.
 

Regarder l’escrime du fleurettiste Sergei Golubitsky, c’est comme si on était allé au théâtre. On ne peut pas dire que son escrime soit très classique. Il n’avait pas attendu que son adversaire se trompe, qu’il avait pris l’initiative en main, avait rpis des risques et l’avait fait avec plaisir. Beaucoup avait cru qu’il était un poseur et l’avait critiqué pour le risque inconsidéré. Le destin le punissait bien des fois pour avoir l’impression que la piste d’escrime est  la scène de théâtre.


Sergei a participé trois fois aux J.O., mais n’a jamais été champion olympique. Son escrime décourage, imprévisible, extraordinaire  et de spectacle en même temps est restée dans la mémoire des spectateurs,de ses adversaires, de ses amis et des arbitres.


Golubitsky a travaillé bien des années comme maître d’armes aux Pays-Bas. A propos, juste pendant cette période il a gagné trois fois de suite le championnat du monde. Après il a continué sa carrière de maître d’armes en Italie et en ce moment il travaille en Allemagne. Il est marié et sa femme Karolina est une jeune escrimeuse allemande, qui porte le nom connu Golubitsky. Pendant le championnat du monde à Saint-Petersbourg notre envoyée de la Fondation  internationale de bienfaisance « Pour l’avenir de l’escrime » Tatiana Kolchanova lui a demandé de communiquer ses impressions au sujet de l’escrime moderne au fleuret.
 

- Tu tirais avec succès comme un membre de l’équipe sélectionné de URSS à l’époque où les fleurettistes russes  occupaient l’une des premières places dans le monde. Aujourd’hui nous voyons autre chose. Peut être que quelque chose a changé dans l’escrime au fleuret et nos sportifs et maîtres d’armes n’ont pas su évoluer?


- Je me souviens bien d’une impression, j’entendais souvent pendant les compétitions: “Si un sportif a gagné c’est par son mérite, s’il a perdu c’est la faute du maître d’armes”. Mais ce n’est pas juste. Mes anciens camarades d’équipe Dimitry Chevtchenko et Anvar Ibraguimov, qui  travaillent aujourd’hui avec l’équipe sélectionnée de Russie, sont des spécialistes hors classe. Je crois que le motif d’insuccès des escrimeurs Russes c’est pas les maîtres d’armes. L’escrime dans les différents pays se développe ondulatoirement. A la suite de génération forte, comme d’habitude, les jeunes qui arrivent ont moins d’expérience. Par exemple, l’équipe de fleuret féminin d’Allemagne, dont les membres étaient Ania Fikhtel, Sabine Baou et Tsita Phunkenkhoizer, étaient les plus fortes depuis plusieurs années dans le monde. Mais dès qu’elles ont quitté la piste d ‘escrime, les escrimeuses au fleuret d’Allemagne ne peuvent pas devenir un leader de l’escrime mondiale. De même l’équipe féminine de fleuret d’Italie. Après  les Olympiades 2008 à Pékin Valentina Vezzali et Giovanna Trillini vont quitter l’escrime. Qui restera? Ce sera une équipe de niveau moyen, mais il passera encore des années jusqu’au moment où va apparaître les sportives invincibles du niveau de Vezzali. L’équipe ne peut pas gagner, si elle est constituée de trois tireurs de niveau moyen.


- Quel est ton avis concernant l’escrime moderne au fleuret?


- A vrai dire, ici au championnat du monde à Saint-Petersbourg je n’ai pas vu d’escrime intéressante. Il est possible que seulement les tireurs de Chinois et de Japonais ont fait une impression favorable. Ils ne s’enferment pas dans la défense, mais ils prennent même l’initiative et n’attendent pas que les adversaires fassent la faute. Donc ceux qui présentent  l’escrime intéressante et imprévisible perdent. Les représentants de l’école d’abord soviétique et après russe et ukrainienne ont enseigné à tirer logiquement. C’est pourquoi italiens et allemands, qui tirent par intuition et utilisent les reprises originales, gagnent facilement sur les escrimeurs qui tirent logiquement. Rappelez-vous comment tirait Alexandre Romankov, qui a gagné 5 fois le championnat du monde et moi, qui ai gagné 3 fois le championnat du monde!  Nous avons été bien enseigné, nous avons pu exécuter toutes les reprises d’escrime, mais chacun de nous avait ses propres reprises originales que personne ne pouvait reproduire. C’est pourquoi il n’a pas été possible de prédire ce que nous pouvions faire dans le moment suivant. Mais regardez, qui avait gagné les Olympiades -  les russes seulement deux fois: Victor Jdanovitch en 1960 à Rome et 20 ans après Vladimir Smirnov en 1980 à Moscou. Mais plus souvent les Italiens et les Français. L’escrime change mais je voudrai qu’elle se reste belle et intellectuelle.

Traduction en français par Ekaterina Pakueva,
 Correction par Françoise Leclerc

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